La
restauration de la collégiale Saint-Mexme,
mise en uvre par la Ville et lEtat depuis 1983,
a suscité la réalisation dune fouille
archéologique achevée en 1993 et portant sur
les parties disparues de lédifice comme sur
ses abords immédiats. Le programme ARCHEA a permis
létude des données et leur publication,
prévue en 2004.
Sur ce site, localisé à
la périphérie orientale de lagglomération
antique, la fouille a révélé le développement,
à partir du 5e siècle, dune vaste nécropole
au milieu de laquelle fut plus tard édifiée
une église collégiale qui connut trois campagnes
de construction principales :
- Construction vers lan mil
dune église à trois vaisseaux prolongés
par un chevet triabsidial pourvu dune petite crypte
;
- Vers le milieu du 11e siècle,
ajout dun massif occidental composé dun
porche voûté surmonté dune tribune
haute et encadré de deux tours ;
- A partir des environs de 1100,
allongement de la nef vers lest et construction
dun nouveau chevet à déambulatoire
et à chapelles rayonnantes sous lequel sétendait
une deuxième crypte.
Lagrandissement progressif
de léglise, la monumentalisation de son accès
comme la construction des cryptes et dun chevet à
déambulatoire témoignent du développement
du culte rendu à Saint-Mexme et font de la collégiale
une véritable église de pèlerinage.
Le site a connu un usage funéraire
continu du 5e siècle jusquà la veille
de la Révolution, les inhumations gagnant progressivement
du terrain vers le nord. Léglise elle-même
abrita de nombreuses sépultures, dont quelques inhumations
de nature exceptionnelle tels cinq coffrages en pierre soigneusement
construits, placés en position centrale dans le massif
occidental et qui ont reçu au 13e siècle les
corps de chanoines inhumés dans leurs vêtements
liturgiques.